Piétiner le ciel

Se dérober
Désemparée
Sans arme
Les poings abaissés
Les pointes en dedans dansent une dernière pente
Adage parfait qu’un adieu au parquet
Ne peut effacer entièrement
Seule la mémoire du corps
Brûlée par les deux bouts retient les vapeurs
Ses pas délicats effleurent les parfums d’ailleurs
Quand le rideau lourd se ferme au bas jour tout revient
Il était question d’un fruit qui se porte à la bouche
De sucres de l’air et de craquant

Le temps ombre, les feuilles tombent asséchées, jaunies. Pourtant l’eau remplissait encore le fossé au bord du champ sous notre saule. Lente progression à pieds nus à travers les roches vivantes frôlant les libellules noires, suivant les araignées d’eau. Libres. Se saisir au passage d’une mûre, deux, trop, débordant. Le temps de l’été sombre. Le grand sommeil de craie survient d’un souffle-foudre.

Absorber les nuées noires des hommes
Vert, jaune, eau, glaise
Des murs aux ciels, des marrées basses
Aux torrents acides
Pluies diluviennes
Recueillir l’ère, les courants
Murmures de la terre.